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Au départ du May, le ciel était chargé de ces gros nuages d'encre violette, que

le vent par bourrasques chassait inlassablement et ramenait aussi vite.

En arrivant au Croisic, la luminosité changea, donnant au paysage un caractère

insaisissable. L'horizon flottait comme un mirage au dessus des rochers. Les

nuages cotonneux filaient à grande vitesse comme dans un film en accéléré.

Bernard nous entraîna en pleine mer, tout au bout de la jetée du Tréhic.

Soudain la surface nacrée de l'eau s'assombrissait. Les bruissements du vent

devenaient assourdissant, les vagues s'amplifiaient, bouillonnaient de colère.

Au pique-nique, bien à l’abri du vent, face au terminus du TGV, les couteaux

claquaient de plaisir comme des langues. L'apéritif aussi !

Mauvais présage pour Marc qui égara son porte monnaie. Ses yeux brillaient

anormalement. Il est devenu subitement couleur de lait caillé.

L'après midi, direction le Pouliguen ou nous marchions sur un sentier recouvert

de lattes de bois à demi enfouies sous le sable. Au mouvement perpétuel

des vagues se mêlait le piaillement des mouettes et des goélands.

Cette immensité mouvante offrait l'apaisement de l'âme.

Miracle !!!... Marc à retrouvé son porte monnaie...